(Ligue 1) GF38 1 - 2 RC Lens
Faut-il s'inquiéter ?
Zéro point après trois journées de championnat, le bilan comptable du GF38 est sans équivoque. Au-delà de ce chiffre, la manière peut laisser envisager une suite plus heureuse. On a en effet vu du (nettement) mieux du côté du Stade des Alpes.
La défense au banc des accusés
Certes, la défense peut une nouvelle fois être pointée du doigt. La précoce ouverture du score de Lens suite à un déboulé d'Eduardo est symptomatique des difficultés récurrentes de l'arrière garde alpine depuis le début de la saison. Le Brésilien, après avoir échappé à Romao, passait en revue Paillot puis Jemmali avant de tromper Viviani. Des errements également à l'origine du but de la victoire des Artésiens : Boukari profitait d'une hésitation de Viviani sur un coup-franc de Milovanovic pour prendre le dessus sur Paillot de la tête et tromper le dernier rempart isérois. D'une manière globale, ce n'est jamais très bon signe quand un frisson parcours l'assistance à chacune des offensives adverses.
Ljuboja, arme fatale
Grenoble est fébrile. Et Grenoble est inconstant. L'équipe de Mécha Bazdarevic n'a une nouvelle fois pas réussi un match entier. Mais elle progresse ! Les deux premières journées avaient vu le GF38 se mettre en action après la pause. Cette fois-ci, la réaction est intervenue juste après l'ouverture du score lensoise. Dieuze plaçait une première tête sur le poteau de Runje (10e). Dans la foulée, le déjà indispensable Danijel Ljuboja égalisait, profitant d'une remise involontaire de Yahia sur un corner de Batlles pour marquer d'une frappe en pivot. Dans tous les bons coups, l'ancien attaquant du PSG servait ensuite de relais à Batlles, dont la frappe était captée sans difficultés par le portier nordiste (21e), avant d'inquiéter une nouvelle fois Runje d'un maître coup-franc (32e).
Bazdarevic Akrour de solutions
Malgré un bon premier quart d'heure au retour des vestiaires, les Grenoblois finissaient par s'essouffler. Une baisse de régime dont profitait donc Boukari pour redonner l'avantage aux sang et or. Grenoble n'avait plus le jus pour réagir, malgré les changements opérés par Bazdarevic. Akrour, Mainfroi et Rendulic n'apportaient pas le sang frais espéré. Ce dernier finissait même aux avant-postes en compagnie de Paillot. Sans succès.
Le derby à Saint-Etienne risque de prendre des accents mélodramatiques...
FICHE TECHNIQUE
A Grenoble (stade des Alpes), Lens bat Grenoble 2-1 (1-1). Arbitre M. Ruddy Buquet.
15341 spectateurs
Grenoble : Viviani, Vitakic, Jemmali, Paillot, Robin (Rendulic, 85e), Dieuze (Mainfroi, 78e), Romao, Batlles (cap.), Courtois, Tadic (Akrour, 69e), Ljuboja. Entraéneur : Mécha Bazdarevic.
Lens: Runje, Ramos, Chelle (cap.), Yahia, Demont, Kovacevic, Milovanovic (Sow, 85e), Hermach, Monnet-Paquet (Jemaa, 61e), Boukari, Eduardo (Laurenti, 78e). Entraéneur : Jean-Guy Wallemme.
Buts : Ljuboja (11e) pour Grenoble ; Eduardo (6e) et Boukari (70e) pour Lens.
Avertissements : Batlles (12e) et Robin (46e) pour Grenoble ; Ramos (49e), Hermach (88e) et Runje (91e) pour Lens.
LES JOUEURS
Viviani : Pas exempt de tous reproches sur les deux buts lensois, le portier aura vécu une bien mauvaise soirée, ne parvenant à se mettre en évidence qu'en toute fin de match sur un contre nordiste.
Vitakic : Positionné sur le flanc droit de la défense - pas son meilleur poste - il a énormément souffert face à Boukari et n'est jamais parvenu à apporter un plus offensivement. Il est en outre l'auteur de la faute qui amène le second but.
Jemmali : Il a beaucoup parlé avec Sandy Paillot mais l'entente n'a pas franchement fonctionnée, les attaquants artésiens profitant des largesses de l'axe central grenoblois, à commencer par le but d'Eduardo.
Paillot : Même constat que pour son partenaire de la défense centrale. Des problèmes également de relance. Largement battu de la tête par Boukari sur le second but des visiteurs. On l'a définitivement connu plus en forme.
Robin : Il a avant tout cherché à effectuer son travail défensif face au gros client qu'était Monnet-Paquet. Pas vraiment d'impact offensif en revanche. Remplacé par Rendulic qui s'est d'emblée positionné en attaque pour les cinq dernières minutes.
Dieuze : Un match correct dans l'ensemble, il s'est surtout distingué par l'apport de son jeu aérien sur les coups de pied arrêtés offensifs. Une de ses têtes aurait ainsi mérité un meilleur sort que le poteau. Remplacé par Mainfroi.
Romao : On commence à retrouver le Romao de l'an passé et c'est une bonne nouvelle pour Grenoble. Le Togolais a ratissé un nombre impressionnant de ballons dans l'entrejeu, venant par ailleurs souvent prêter main forte à ses défenseurs.
Batlles : Positionné plus haut qu'habituellement, il a été la plaque tournante de l'équipe pendant toute la première période, plutôt avec réussite. Toujours précieux sur coups de pied arrêtés. Point négatif : une grosse baisse de régime après l'heure de jeu.
Courtois : Peu en réussite en première période, il se sera en revanche bien acquitté de ses tâches défensives. On l'a plus vu durant le second acte, alternant le bon et le moyen, sans parvenir à se montrer décisif.
Tadic : Comme à Boulogne, il a été plutôt bon. Malgré un peu de déchet il a le mérite de provoquer et son entente avec Ljuboja est prometteuse pour la suite. Remplacé par Akrour qui a râté à peu prés tout ce qu'il a entrepris.
Ljuboja : Une nouvelle fois décisif, Ljuboja aura régalé pendant une heure le public du Stade des Alpes de sa technique. Malgré son arrivée tardive, il trouve et est trouvé facilement par ses partenaires. Mais encore un peu juste physiquement, il a lui aussi baissé de pied après l'heure de jeu.
LE FAIT DU MATCH : Ljuboja n'a pas suffit
L'attaquant serbe n'a pas manqué son rendez-vous pour sa première titularisation au Stade des Alpes. Buteur pour la deuxième fois de la saison après sa réalisation à Boulogne, il n'a toutefois pas pu empêcher une troisième défaite consécutive de son équipe.
Peu importe, Ljuboja a sans doute définitivement gagné ses galons de chouchou du public face à Lens. Et il n'a pas ménagé sa peine pour y parvenir. Outre sa réalisation, il a effectué un gros travail de fixation et la qualité de son jeu de déviation lui a permis de délivrer quelques bons ballons à Tadic ou Batlles.
Sa palette technique, prise de balle en tête, ne pourra en outre être que bonifiée par une meilleure forme physique. Car le plus impressionnant chez Ljuboja est bien sa faculté à faire oublier qu'il n'est arrivé au club que sur le tard (ne participant qu'à des bouts des deux derniers amicaux). S'il a, à l'image de toute l'équipe, baissé de pieds dans le dernier tiers du match, il n'a jamais donné l'impression d'être en dessous physiquement de ses coéquipiers. De plus, l'entente avec ces derniers est déjà très bonne.
De là à parler de Ljuboja dépendance il y a encore une marge que certains ne devraient toutefois pas tarder à combler. Mais pour atteindre ce statut il faudra que ses réalisations permettent à Grenoble de gagner.
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