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GF38 0 - 4 Rennes

La tête dans le sac

Après la carte du méchant corps arbitral qui ne siffle aucun penalty, les Grenoblois vont-ils nous sortir de leur manche celle sur le mauvais sort qui s'acharne eux ?

Certes les cas de grippe, A ou autre, (Jemmali, Dieuze, Vitakic, Juan), la blessure de Paillot dès le début du match et les autres convalescences de longue date (Matsui, Cesar, Tadic…) sont autant de circonstances atténuantes.

Peut-être va-t-il aussi falloir ne plus se cacher derrière ces (nombreux) problèmes. Battus dans l'attaque du ballon, complètement hors du coup défensivement - le pauvre Viviani se retrouvant trop souvent livré à lui-même - , et anormalement apathiques mis à part en de trop rares occasions, les Grenoblois ont livré une prestation indigeste.

Descente aux enfers

Grenoble aux abonnés absents dès l'entame, il ne fallait que vingt secondes à Gyan, complètement esseulé dans la surface, pour ouvrir la marque sur un service de Fanni.

Les malheurs se poursuivaient avec la sortie sur blessure de Paillot après moins de cinq minutes ! Pour couronner le tout, Rennes doublait la marque dans la minute suivante par Marvaux à la récupération d'une frappe de Bangoura repoussée par Viviani.

La première réaction isérois intervenait juste avant le quart d'heure par l'intermédiaire de Courtois qui crochetait son défenseur avant de complètement dévisser sa frappe (13e).

Pas le temps d'espérer un semblant de révolte que Mangane, là encore à la récupération d'un ballon repoussé par Viviani, enfonçait le clou. Le gardien dauphinois parvenait enfin à s'illustrer en détournant de belle manière une frappe de Bangoura des 20 mètres (26e).

La descente aux enfers se poursuivait, éclairée à la lueur de fumigènes obligeant l'arbitre à interrompre la rencontre et annonciateur d'un probable futur huis-clos.

Frappe écrasée de Courtois (41e), but – logiquement – refusé à Ljuboja (43e), la fin de première période était un brin rassurante quant à la capacité des Grenoblois à ne pas totalement baisser les bras.

La partie encore arrêtée

Le retour des vestiaires confirmé ces légères meilleures intentions. Toute proportion gardée, la partie n'étant guère très emballante. Rennes continuait toutefois de se créer les meilleures occasions : un penalty non sifflé après une faute de Robin sur Gyan (55e), un ballon repoussé sur sa ligne par Mainfroi (57e). Avant que M. Turpin n'accorde un penalty totalement justifié pour une faute de main de Rendulic. La sentence était transformée par Gyan.

La partie était interrompue une deuxième fois, toujours à cause de fumigènes. Grenoble se créait quelques occasions à la reprise face à des Rennais démobilisés. Anecdotique.

A ce rythme là, la saison va être très longue. Et pas sûr que Mécha Bazdarevic ne suive encore beaucoup de journées du banc grenoblois.

FICHE TECHNIQUE

A Grenoble (stade des Alpes), Rennes bat Grenoble 4–0 (3-0). Arbitre M. Clément Turpin.

spectateurs

Grenoble : Viviani, Mainfroi, Rendulic, Paillot (Robin, 5e), Vitakic, Romao, Batlles (cap.), Feghouli (Akrour, 36e), Courtois, Ljuboja, Boya (Sauget, 62e). Entraîneur : Mécha Bazdarevic.

Rennes : Douchez, Hansson, Mangane, Bocanegra, Fanni, Inamoto, Lemoine, Gyan (Pagis, 66e), Leroy, Marvaux (Danzé, 78e), Bangoura (Ekoko, 62e). Entraîneur : Frédéric Antonetti.

Buts : Gyan (1ère,61e sp.), Marvaux (6e), Mangane (20e) pour Rennes.

Avertissements : Mainfroi (39e), Robin (86e) à Grenoble ; Fanni (28e), Bangoura (34e) à Rennes.

LES JOUEURS

Viviani : Peut-on vraiment lui reprocher quelque chose ? De ne pas suffisamment bloquer les ballons peut-être ou quelques mauvaises relances. Mais en étant complètement abandonné par sa défense, difficile pour lui de trouver de la sérénité.

Mainfroi : A la peine comme tous ses compères de la défense alpine, on ne retrouve pas le saignant Mainfroi du début de saison dernière. On ne l'a ainsi quasiment jamais vu apporter sa contribution aux phases offensives.

Vitakic : Repositionné dans l'axe après la sortie sur blessure de Paillot, il a énormément souffert face aux attaquants bretons. On savait que la vivacité n'était pas son point fort, apparemment les joueurs d'Antonetti le savaient aussi et n'ont pas manqué d'en profiter.

Rendulic : Ceux qui se demandaient encore si Rendulic avait le niveau de la Ligue 1 ont désormais leur réponse.

Paillot : Blessé dès le début du match. Après avoir assisté passivement au premier but rennais il a laissé sa place à Robin souvent mis en difficulté sur son côté gauche mais qui n'a néanmoins jamais baissé les bras comme en atteste une fin de match où on l'a souvent vu apporté son soutien à ses attaquants.

Feghouli : Sorti dès la 35e minute par son entraîneur au terme d'une prestation insignifiante. Akrour a essayé de plus participer au jeu, sans parvenir toutefois à se montrer tranchant.

Romao : Il a fait ce qu'il a pu au milieu mais n'a pas eu son rayonnement et son abatage des derniers matchs

Batlles : Même constat que pour Romao, il n'a pas pesé sur le jeu. Sa combativité demeure toutefois intacte. C'est à lui qu'il revient d'essayer de remotiver ses partenaires.

Courtois : Pas le pire Grenoblois sur la pelouse du stade des Alpes. Il a beaucoup essayé mais comme son compère Laurent Battles on attends de lui qu'il soit un leader technique sur le terrain.

Boya : Fantôme de Pierre Boya es-tu là ? Pas dans le rythme, laisse sa place à Sauget qui pour sa première apparition a montré une envie intéressante.

Ljuboja : Le Serbe doit commencer à se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère. Une première période correcte mais il a trop souvent sombré dans l'individualisme par la suite. Sa confiance en ses partenaires diminuerait-elle ?

LE FAIT DU MATCH

Anniversaire gâché

Ils avaient sans doute rêvé d'une plus belle fête pour célébrer leur quinzième anniversaire.

Les Red Kaos avaient pourtant mis les petits plats dans les grands, avec notamment une entrée en matière originale avec cette sortie du « tifo tram ».

Vingt minutes plus tard, Rennes menaient 3-0 face à des Grenoblois apathiques. Colère, ironie (« olé », « joyeux anniversaire », « la L2 le samedi ! » et stupidité apparemment aussi contagieuse que la grippe qui sévit dans le groupe isérois, le kop de la tribune Ouest est ensuite passé par tous les états.

S'il ne faut surtout pas stigmatiser à l'ensemble du groupe le comportement de quelques énergumènes, les deux arrêts du match à cause des fumigènes vont sans doute coûter très cher au GF38 qui n'avait certainement pas besoin de cela.

Depuis 15 ans les Red Kaos avaient habitué à mieux. Souhaitons que cet anniversaire ne corresponde pas à une rupture entre le club et plus fidèle groupe de supporter. La solidarité, y compris et surtout dans l'adversité, est une vertu que les RK se targuent de véhiculer. Il va désormais falloir la mettre en pratique pour contribuer au sauvetage d'une équipe en pleine perdition.

 

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